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Le bal de la duchesse de Richmond

15 juin 1815

Il n’est probablement aucun événement mondain qui ait autant fait parler de lui que ce fameux bal donné par la duchesse de Richmond dans la soirée du 15 juin 1815. Il faut dire que cette fête avait de quoi frapper les imaginations romantiques. Houssaye résume cette impression en deux mots : « Heureux de vivre, les belles jeunes filles et les beaux officiers s’enivraient de danse et de mouvement. Mais, comme dans les danses macabres des vieilles fresques, la Mort menait la Ronde.[1] »

1. Henry Houssaye – 1815, II – Paris, Christian de Bartillat, 1987, p. 148.

La question des Quatre-Bras

L'après-midi du 15 juin 1815 de l'aile gauche de l'armée française

Quand Ney a-t-il reçu le commandement de la gauche de l’armée française ? Quand les Français se sont-ils emparés de Gosselies ? Le maréchal était-il en mesure de s’emparer du carrefour des Quatre-Bras ? Napoléon lui a-t-il confié cette mission ? Était-ce dans ses intentions ?
Voilà les multiples questions que pose cette après-midi du 15 juin 1815 et que nous allons tenter de résoudre.

Les lignes de communication de Wellington

Un peu de haute stratégie...

S’il est une question qui semble faire l’unanimité, c’est bien celle de savoir ce qu’aurait fait le duc de Wellington en cas de défaite à Waterloo. Tous les auteurs, à de très rares exceptions près, écrivent que l’armée britannique aurait retraité pour aller se rembarquer à Ostende et/ou à Anvers. Or cette opinion repose sur une idée reçue, encore renforcée par les événements de Dunkerque en mai et juin 1940.

Féodalité, chevalerie et noblesse

Aux origines de la noblesse

Qui veut se pencher sur la noblesse sera tenté d’essayer d’en trouver l’origine. Et, ce faisant, il se heurtera à des notions bien mal connues. La féodalité est l’une d’elles : non seulement, elle est mal connue mais elle est victime d’une bien mauvaise réputation, sans doute usurpée, en tout cas à ses origines. La chevalerie en est une autre : elle jouit d’une excellente réputation, sans doute tout aussi usurpée. Quant à la noblesse, méprisée par les uns, jalousée par les autres, elle est depuis cinq siècles à la recherche d’elle-même et , depuis deux, se tourne vers son passé pour essayer de trouver une raison de se survivre à elle-même. Mais d’où vient-elle ? C’est à cette question qu’il s’agit d’essayer de répondre… Où va-t-elle ? Malheureusement pour elle, la réponse est déjà connue…
N.B. Cet article vise la noblesse continentale. La noblesse britannique, grâce à son continuel renouvellement, connaît un destin différent.

L’artillerie française à Waterloo

Histoire, technique et ordre de bataille

L’artillerie a joué un grand rôle durant la campagne de Belgique en 1815 et les historiens s’en sont fait l’écho. Malheureusement, la plupart des auteurs contemporains n’ont qu’une notion très vague de ce qu’était réellement l’artillerie au temps de Napoléon. L’évolution de cette arme au cours des deux siècles qui nous séparent de ces événements a été telle que bon nombre de notions qui étaient évidentes pour les historiens du XIXe siècle nous sont devenues totalement étrangères. De telle sorte que l’on trouve parfois sous la plume d’auteurs réputés sérieux de la deuxième moitié du XXe siècle des commentaires qui frisent l’absurde. Nous allons tenter dans cet article de retracer – brièvement : un fort volume n’y suffirait pas – l’histoire de l’arme en France et de montrer pourquoi Napoléon – prétendument artilleur lui-même – ne pouvait pas demander à son artillerie plus qu’elle n’était techniquement en mesure de lui fournir.

L’Artillerie britannique à Waterloo

Technique, tactique et déploiement

Les artilleurs britanniques étaient des gens un peu… spéciaux
L’artillerie est l’arme organisée la plus ancienne des forces britanniques. Elle a été créée dès le 16e siècle. Le Régiment royal d’Artillerie, formé en 1716, était totalement indépendant du reste de l’armée : il dépendait d’un Bureau de l’Artillerie (Board of Ordnance) sous le commandant d’un Maître général de l’Artillerie (Master general of Ordnance), lequel n’avait aucun compte à rendre au commandant en chef de l’armée. Disons-le d’emblée, cette situation agaçait prodigieusement le duc de Wellington…

William SIBORNE

L'étrange historien de Waterloo ou la "Bible" remise en cause

Les troupes hollando-belges qui ont participé à la campagne de 1815 ont souvent été accusées de lâcheté par les historiens anglais. Beaucoup d’écrivains anglais ou américains et certains historiens français – et même belges – se sont laissé contaminer par cette accusation sans même se demander ce qu’elle cachait et d’où elle venait. David Hamilton-Williams [1] a montré d’où venait le mal dans un ouvrage dans l’introduction duquel nous lisons ceci :« Aucun Anglais, pas même le duc de Wellington en personne, n’a eu une telle influence sur l’historiographie en langue anglaise de la bataille de Waterloo que le capitaine William Siborne… »
Et de fait, à la lecture de l’ouvrage de Hamilton-Williams, il ressort que toutes les études parues depuis Siborne, y compris les ouvrages d’auteurs non britanniques, font scrupuleusement référence à son œuvre, reprenant telles quelles beaucoup de ses interprétations et de ses affirmations. Chaque bibliographie – pour les auteurs qui se donnent encore la peine d’en publier une – reprend religieusement le refrain : « W. Siborne, History of the War in France and Belgium in 1815 – Londres, 1844 »[2]Certains auteurs, moins honnêtes, reprennent des phrases entières dans Siborne mais, soit ne publient pas de bibliographie, soit, au moment de la rédiger, « oublient » qu’ils ont consulté l’ouvrage…

[1] D. Hamilton-Williams – Waterloo. New perspectives. The Great Battle Reappraised – London, Arms and armour, 1993.
[2] A la notable exception de Damamme qui, sans doute, méprise trop les Anglais pour aller consulter un ouvrage rédigé dans leur langue. Il faut remarquer aussi que l’ouvrage de Siborne parut sous le titre « History of the War in France and Belgium in 1815 » pour les trois premières éditions (1844, 1844, 1848) et sous le titre « The Waterloo Campaign, 1815 » à partir de la quatrième édition (1895).

Napoléon au cabaret Belle-Vue (Charleroi)

Charleroi, 15 juin 1815, de 12.00 à 15.30 hrs

La plupart des auteurs glissent assez rapidement sur le séjour que fit Napoléon à Charleroi. La plupart des Carolos ignorent d’ailleurs que l’empereur a fait un court séjour dans leur bonne ville et qu’il y a passé la nuit du 15 au 16 juin 1815. Or cette journée et cette nuit ont, sans doute, conditionné la suite de la campagne. Nous allons voir que, contrairement à ce que l’on a souvent affirmé, Napoléon ne suit pas un programme précis mais que, au contraire, il se soumet aux évènements.

L’infanterie britannique à Waterloo

"All depends of that article there..."

Quoique ne constituant qu’un petit tiers de l’armée de Wellington, l’infanterie britannique n’en était pas moins l’épine dorsale. A dire vrai, avant le 18 juin 1815, le duc n’avait guère confiance qu’en elle. Il se méfiait des cavaliers, qu’il jugeait trop impulsifs, des artilleurs, trop prompts à vouloir mener leur propre bataille, et des troupes étrangères qu’il ne connaissait pas. Cela ne l’empêchait pas, cependant, d’avoir parfois des jugements à l’emporte-pièce sur ces hommes qu’il a un jour qualifié d’ « écume de la terre »…
Nous allons voir quelle était l’organisation de cette infanterie en 1815, quelles étaient ses manières de combattre, son histoire et ses traditions. Nous passerons en revue les bataillons de l’armée britannique placés sous le commandement du duc. Après quoi, nous en viendrons à l’ordre de bataille de cette armée.